Bienvenue à notre randonnée audio-guidée par la vielle ville historique d’Otterndorf. Cette version française de la visite touristique de la ville a été traduit et enregistrée par des élèves du lycée „Gymnasium Otterndorf“ et du collège Pierre et Frauçois Pithou.

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Par "balai de sorcière", on entend en fait un engin volant surnaturel. Et depuis que Harry Potter nous a appris qu'on ne pouvait gagner au Quidditch qu'avec un balai ultra-rapide de la marque "Nimbus 2000", le balai de sorcière a perdu tout son caractère effrayant. Il faudrait que le balai de sorcière fasse partie du débat sur le développement durable, puisqu'il vole sans aucune émission de CO2.
Pour nos ancêtres, le monde était loin d'être aussi structuré et rationnel que pour nous. Shakespeare dit encore : "Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n'en rêve votre sagesse scolaire". D'un côté, c'est certainement passionnant, mais d'un autre côté, c'est aussi dangereux et cela laisse libre cours à des peurs qui auraient préféré rester enfermées. A Otterndorf aussi, on croyait aux sorcières et à leur capacité à jeter des sorts maléfiques. Contrairement à ce que l'on croit souvent, la chasse aux sorcières n'a pas eu lieu dès le Moyen-Âge, mais, de manière significative, au début des temps modernes, lorsque tout ce qui paraissait auparavant si solide et sûr a commencé à vaciller : une société ordonnée par Dieu, un monde ancien composé de trois continents, une Terre autour de laquelle tournait l'univers entier, l'unité de l'Église.
L'insécurité et la mise en danger de ses propres moyens d'existence étaient les images d'horreur de cette époque. Pour s'en protéger, on était de plus en plus disposé à recourir aux méthodes que l'on reprochait en fait aux sorcières, à savoir le domaine de la sorcellerie et de la magie.
On en trouve une variante particulière dans les paysages de l'Elbe inférieure. On y trouve souvent des "balais de tonnerre" ou des "balais de sorcière", qui ont été maçonnés dans les murs avec des briques. Otterndorf abrite justement toute une série d'exemplaires particulièrement beaux. Leur signification ou ce qu'ils sont censés représenter exactement de manière stylisée n'est pas totalement élucidé. Ce qui est clair en revanche, c'est que ces signes étaient utilisés comme sortilèges de défense contre les malheurs de toutes sortes, par exemple contre la foudre, mais probablement aussi contre les sortilèges de malédiction, la peste et autres. Des ornements de moulin ou de blé servaient souvent de contreparties, que l'on ne trouve pas à Otterndorf mais dans d'autres communes de l'Unterelbe. Si l'un repoussait le mal, l'autre était censé évoquer le bien, à savoir la santé, le bonheur et la prospérité.